Étalons U20: L’interview du jeune portier Sébastien Koula TOU

Étalons U20: L’interview du jeune portier Sébastien Koula TOU

FasoSportstv.com s’ést entretenu avec Sébastien Koula TOU, international U20 Burkinabè qui évolue avec les U19 du FC Bourg-Péronnas en championnat de première division Française U20. Le jeune portier qui était avec les Étalons U20 à la dernière coupe d’Afrique en Mauritanie nous parle de son parcours, sa vie familiale et ses ambitions.

Qui est Sébastien Koula TOU ?

Tout d’abord, bonjour. Je m’appelle Sébastien Koula TOU, je suis né le 1er décembre 2004(16ans) à Strasbourg (France) d’un père Burkinabè et d’une mère Française.
Je suis très très content et très fier car cela me permet de bénéficier de deux cultures différentes mais qui m’enrichissent aussi bien l’une que l’autre.

Je suis footballeur depuis mes 5 ans et demi. J’ai commencé à l’« ASP Vauban » en Juillet 2010, où j’ai passé 3 saisons, puis « SC Schiltigheim » 3 saisons, puis au « Racing Club de Strasbourg » 3 saisons et demie, à l’« ASIM » 1⁄2 Saison pour cause de COVID.

Actuellement, je joue au Football Bourg Bresse Péronnas 01 (FBBP01) depuis maintenant deux saisons, j’évolue cette année en catégorie U19 Nationaux et je suis en classe de Terminale Générale au Lycée Joseph-Marie Carriat.

Comment s’est déroulée ton enfance ?

J’ai eu et je continue d’avoir une enfance (car ce n’est pas encore fini – rires) très heureuse grâce à mes parents qui sont toujours là pour ma sœur et moi et qui nous accompagnent, nous conseillent tous les jours. Ils nous apprennent les valeurs de la vie comme le respect des autres, le travail, à se dire que l’on peut toujours mieux faire, apprendre à s’accepter tel que l’on est, accepter son prochain que soit nos différences et se réjouir de ce que l’on a car il y a toujours pire et surtout que l’important est la santé.

Tu es comment à l’école ?

À l’école, Dieu merci, tout se passe bien. J’ai eu mon Brevet des Collèges avec mention très bien et cette année je passe mon Baccalauréat que j’espère obtenir car, même si je joue au football, l’école reste très important.
La voie pour réussir dans le football étant tellement longue et complexe, il vaut mieux assurer aussi au niveau scolaire car on ne sait jamais. C’est toujours mieux d’avoir un diplôme. Rires…

Je suppose que le poste de gardien de but ne t’attirait pas au départ…

Rires… Vous n’allez pas me croire, mais j’ai tout de suite aimé ce poste dès que j’ai commencé le football et plus précisément le jour où mon premier entraineur m’a envoyé dans les cages (peu de temps après ma première licence lors d’un tournoi de pitchouns). J’ai juste fait quelques matches en tant que défenseur, un poste où je ne me débrouillais pas mal non plus, rires…

Quand j’étais dans les buts, les attaquants avaient du mal à marquer et l’entraineur m’a dit, tu seras mon gardien et celui de l’équipe. Très vite, j’ai été surclassé.
Tout petit, mon papa, un grand Fan du football m’amenait déjà voir les entrainements des joueurs professionnels du Racing Club de Strasbourg, dans une poussette, qu’il pleuve ou qu’il neige, et moi à la maison, je n’arrêtais pas de plonger à droit et à gauche dans le salon sur le parquet dur.
Quand j’ai commencé à savoir lire, comme mon papa lisait les journaux sportifs, j’ai commencé à les lire aussi et à regarder les images des joueurs.

Comment as-tu été recruté par Bourg En Bresse Péronnas ?

Après mon départ du Racing Club de Strasbourg (U17 Nationaux), je me suis lancé un défit personnel à savoir, aller terminer ma saison à l’ASIM ( Association Sportive Illzach Modenheim ) avec les U18 R1 malgré la dernière place que l’équipe occupait.. Après 5 matches disputés , nous sommes passés de la 14ème et dernière place à la 9ème place, ce qui a permis d’assurer le maintien quand le COVID 19 est arrivée.
Une semaine avant le confinement que nous ignorions tous en ce moment là, je suis allé faire un essai le 25 février 2020 pour intégrer les U17 Nationaux de Bourg En Bresse Péronnas.

Que s’est-il passé ?

La journée d’essai se passe bien mais je devais attendre leur réponse car il y avait d’autres gardiens et sachant que moi j’habitais à 450km de Bourg En Bresse et que le club privilégiait la proximité des joueurs qu’il prenait (joueurs de la région), il fallait que je sois vraiment le meilleur pour leur dire que c’était moi et pas un autre malgré la distance.

Les encadrant de cette journée de détection dont faisait partie celui qui allait devenir mon entraineur, à savoir Monsieur Michel BRADAIA, ancien joueur professionnel (attaquant) que je salue et remercie au passage, ont su voir mes qualités et, avec les autres éducateurs, ils ont décidé de m’accorder leur confiance en me retenant. Je me souviens qu’à la fin de la journée, il m’a bombardé de tirs (au moins une vingtaine) et il ne réussit à n’en marquer que 5.

Je suis très content de l’avoir comme coach avec tout son staff depuis mon arrivée au club car il est un excellent coach très compétent et très professionnel. J’apprends beaucoup à son contact, celui de son Staff, des autres coachs, mon entraineur des gardiens sans oublier ceux de l’année dernière qui ont quitté le Club. Je remercie le Club et ses dirigeants pour leur confiance. C’est un excellent club formateur avec des éducateurs diplômés, un club de famille où l’on travaille bien. Grâce aux horaires aménagés, je peux conjuguer Sport et études pour mes diplômes (BAC). D’ailleurs, l’année dernière avec le coach BRADAIA, son Staff et mes coéquipiers que je salue, nous avons réussi un très bon championnat en terminant à la 4ème place ex aequo avant l’arrêt du au COVID et cette année nous avons bien démarré en U19 Nationaux malgré le fait que notre groupe soit très relevé et nous avons engrangé 12 point après 6 journée. J’espère que, avec mes coéquipiers, nous allons continuer ainsi en prenant les matchs les uns après les autres pour assurer notre maintient le plus rapidement possible. Sachant que c’est l’objectif du club à savoir conserver les 19 Nationaux et les 17 Nationaux qui sont très importants dans la formation des jeunes d’un club.

Je ne regrette pas d’avoir fait ce choix, validé par mes parents, de rejoindre le FBBP01 car aujourd’hui je m’entraîne régulièrement avec le groupe professionnel qui évolue National (3ème division française). Jai la chance d’avoir des parents qui me laissent faire mes choix et qui les respectent, même s’ils me conseillent et m’écoutent beaucoup. Ensemble on est plus fort. Rires…

Tu as une anecdote sur ta formation ?

Rires… Des anecdotes, il y en a plein, mais j’ai deux que je garde particulièrement.

Une d’entre elle est, quand j’avais entre 6 – 7 ans, un jour ma maman m’a demandé si je faisais gardien parce que le coach me l’avait demandé ou si c’était moi qui le voulais ? Je lui ai répondu : Maman, si je le fais, c’est parce que ça me plait et j’aime ça sinon je ne le ferai pas car personne ne peux m’obliger ou m’imposer quoi que ce soit.

La seconde, c’est quand j’ai dis à mon papa que je quittais le centre de formation de Strasbourg car mes qualités n’étaient pas reconnues à leur juste valeur, mais aussi le moment où je l’annonce au Directeur du Centre de Formation.

Comment assumes-tu cette notoriété grandissante ?

De quelle notoriété parlez-vous ? Rires…Je ne me considère pas comme une star, mais juste un jeune garçon, qui va à l’école, pratique sa passion qui est le football et cela s’arrête-là.
Je dois continuer à travailler dur, prendre du plaisir sur le terrain, donner le meilleur de moi-même pour rendre la confiance que m’accordent mes coachs, mes dirigeants et mon club sans oublier tous ceux et celles qui me soutiennent, me suivent de près ou de loin que ce soit sur les réseaux sociaux ou autrement à travers leurs messages de soutien.

Je vous remercie, vous et tous vos confrères, qui couvrez chaque week-end tous les sports et sportifs du pays et en ayant une pensée pour nous qui évoluons à l’extérieur. Je sais que le peuple du Faso est passionné et cela nous pousse à travailler dur pour ne pas les décevoir car ils le méritent.

Comment résistes-tu aux tentations ?

Il ne faut pas chercher à résister aux tentations. J’ai la chance d’être bien accompagné et bien conseillé par mes parents et des personnes qui m’entourent et dont vous en faites d’ailleurs partie.
Le tout c’est de savoir ce que l’on veut, où on veut aller, pourquoi, comment et surtout d’où on vient ? Comme je vous l’ai dis en haut, l’important est d’être en bonne santé.
Mon papa m’a dit ceci un jour : Mon fils, si tu travailles dur et que tu es le meilleur, si tu aimes vraiment ta passion, quelque soit ce que tu feras que ce soit le football ou un autre métier, car peu importe ce que tu feras, mais l’essentiel est d’être heureux et fier de toi, ce sont les autres qui ne résisteront pas à la tentation de vouloir te compter parmi leurs équipes ou effectifs. À toi de renverser le sens de résister à la tentation.

En quoi le poste de gardien est-il si différent ?

Le poste de gardien de but est un poste à part pour ne pas dire un monde à part.C’est comme quelqu’un qui est isolé dans une île sans rien.Il faut un mental d’acier pour survivre, du caractère. Tu es souvent seul, dans ton monde même si tu dois vivre le match à fond, rester concentré, vigilant. Tu n’as pas droit à un relâchement ou une déconcentration au risque de le payer cash et cher. Un gardien de but est le leader de l’équipe selon moi pour plusieurs raisons : il est face au  jeu et peut aider ses coéquipiers grâce à sa communication. Il doit surtout avoir capacité d’analyse visuelle et des mouvements oculaires plus rapides et plus précis que les autres, ce qui nous permet d’anticiper chaque action. Le gardien de but n’obtient souvent pas la reconnaissance qu’il mérite. Pour être un gardien de but, mon papa m’a toujours dit qu’il fallait être dévoué et moins arrogant….. Je mets des petits points car je pourrais continuer.

Une erreur de gardien, c’est très souvent mis en avant, ça ne te fait pas peur ?

Rires… Quand on a peur de faire des erreurs, il ne faut pas choisir d’être un gardien de but. On apprend de nos erreurs comme on apprend de nos défaites. Le plus important est de savoir rebondir, passer à autre chose, de suite si le match continu, et se dire ce n’est pas fini, ça veut dire que l’on croit en ses camarades, ou démontrer le match suivant que l’on a appris de son erreur et que l’on sait être aussi un héros. C’est comme les penalties, c’est notre moment de gloire quand on l’arrête et que nos camarades se jettent sur nous. Même si parfois on entend dire que l’attaquant a mal tiré, il faut quand même avoir la chance d’être parti au bon moment sur le bon côté ! Enlevons le gardien qui a arrêté un penalty des buts et voyons si l’attaquant va rater son tir. Rire…

Les elements de force mentale d’un gardien de but sont :

L’HUMILITÉ (ÊTRE MODESTE)

LA CAPACITÉ D’ACCEPTER SES ERREURS

FAIRE FACE À LA PRESSION ET AUX CRITIQUES, CONCENTRATION ET RESTER VIGILANT ACCEPTER QU’ON EST DIFFÉRENT.

Un gardien est-il meilleur quand il est assuré d’être numéro un ou quand il est mis en concurrence ?

Pour moi, il faut une hiérarchie établie pour le poste de gardien avant toute chose pour l’équilibre du groupe et du vestiaire. Chacun respectera tant que les choses sont dites. Je ne sais pas si l’on est meilleur quand on est numéro un, mais il est toujours mieux de partir numéro un.
Tant que les choix sont justes et indiscutables, même si ça reste à l’appréciation de chacun de nous, car vous demandez à n’importe quel gardien il vous dira qu’il est le meilleur ! Ce qui compte c’est d’apporter des points à l’équipe. Rire…
D’ailleurs, vous constaterez que deux tops gardiens dans un club, à la longue c’est impossible,sauf si le second n’a pas de caractère ou à des doutes sur ses propres qualités. À moins qu’il y ait d’autres paramètres qui entrent en comptent et que l’on n’est pas compétiteur. Mais si l’on est compétiteur et travailleur, on va tout faire pour bousculer la hiérarchie et compliquer la tâche au coach au moment de composer son équipe. Celui-ci risque de perdre tous ses cheveux.Rires…

Tu as des rêves hors foot ?

Oui, mais je préfère pour l’instant les garder pour moi si vous me le permettez ! Nous en parlerons la prochaine fois. Il ne faut pas accumuler les rêves, mais les réaliser. Rires…
Mon souhait est de réussir mon BAC à la fin de l’année scolaire. Chaque chose à son temps comme dit le proverbe.

Des clubs te font rêver ?

Oui, car ce serait vous mentir si je répondais non à votre question. Mais au lieu de dire que tel ou tel club me fait rêver, je préfère répondre qui si moi je travaille très dur, le rêve de tout grand serait de m’avoir. Rires… 

Selon moi, il ne suffit pas d’avoir des rêves ou de rêver pour tel ou tel club, il faut travailler dur, être bon et performant sur le terrain pour faire rêver aussi les clubs de mon rêve, leur donner envi de venir vers moi pour bénéficier de mes services, mes qualités sportives mais aussi humaines….
Même si parfois il faut un peu de chance qu’il ne faut pas négliger. Cela est valable dans le football comme dans d’autres secteurs car on peut être qualifié et avoir du mal à trouver un travail. Mais il faut persévérer.

Si tu devais terminer l’interview par une phrase qui te représente ?

Je dirai que je suis quelqu’un d’acharné, je sais ce que je veux, déterminé, persévérant, compétitif, passionné part mon sport et part mon poste, respectueux, à l’écoute ambitieux et toujours à la recherche …..

Que représentent les étalons pour toi ?

Pour moi, les étalons, C’est la Nation !C’est le Graal, la reconnaissance de la haute valeur sportive pour un sportif Burkinabé.

Être appelé en sélection, être étalon, c’est pouvoir représenté toute une Nation engagée dans une compétition internationale et il n’y a rien de plus gratifiant, de plus honorable que de pouvoir porter et défendre les couleurs de sa patrie, hisser haut le drapeau (Rouge, Vert avec une étoile jaune dorée frappée au milieu), rendre fier et heureux son peuple en donnant le meilleur de soi -même. 

J’ai eu la chance et de faire partie du groupe des étalons juniors pour la Can 2021 en Mauritanie, je ne peux pas vous décrire ce que j’ai ressenti au moment de l’hymne nationale,tellement j’étais heureux et fier.

J’espère retrouver mes ainés dans un futur très proche, mais je sais que cela passera par mes performances dans mon club. À moi de continuer à travailler, travailler et encore travailler dur pour convaincre les sélectionneurs. En tout cas, je reste disponible pour répondre favorablement.

Je voudrais vous remercier, remercier le peuple Burkinabé, souhaiter une excellente Can 2022, et un prompt rétablissement au grand frère Lassina Franck TRAORÉ, qu’il nous revient encore plus fort car le Faso à besoin de tous ses fils et filles.

Allez les Étalons! Vive le Burkina Faso! Vive le peuple du Burkina Faso! La Patrie ou la mort, nous vaincrons !

Interview réalisé par Ghislain TIENDREBEOGO pour FasoSports

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